L’Afrique subsaharienne continue d’afficher une résilience économique notable, en dépit d’un environnement international de plus en plus complexe et incertain. C’est le principal message livré par Racheeda Boukezia, représentante résidente du Fonds monétaire international (FMI) au Togo, à l’issue de la présentation du Rapport sur les perspectives économiques d’octobre 2025, un document phare de l’institution de Bretton Woods.
La présentation s’est tenue mardi à Lomé devant des enseignants et des étudiants de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université de Lomé, dans un cadre académique propice aux échanges sur les enjeux macroéconomiques de la région.
Selon Mme Boukezia, le rapport met en évidence des taux de croissance appréciables en Afrique subsaharienne, témoignant de la capacité des économies de la région à absorber les chocs. Toutefois, elle a nuancé cet optimisme en soulignant une orientation à la baisse des perspectives macroéconomiques, liée notamment à un contexte international difficile et à la persistance, voire l’émergence, de nouveaux risques. « Le risque climatique, entre autres, pèse de plus en plus sur les économies de la région », a-t-elle indiqué.
La représentante du FMI a insisté sur deux priorités majeures pour consolider la croissance et préserver la stabilité macroéconomique en Afrique subsaharienne. La première concerne la mise en œuvre de politiques de réforme visant à améliorer la mobilisation des recettes intérieures. « Il est nécessaire d’accroître le potentiel fiscal dans les pays de la sous-région, même si la pression fiscale reste déjà relativement élevée », a-t-elle expliqué.
Gestion de la dette en Afrique subsaharienne
La seconde priorité porte sur la gestion de la dette publique, à travers des réformes des finances publiques et un renforcement de la transparence de la dette. Selon Mme Boukezia, ces réformes peuvent avoir des effets très positifs, notamment en améliorant la crédibilité des États et leur accès au financement.
Malgré les défis, le rapport du FMI relève également des évolutions positives. Parmi elles, Mme Boukezia a cité la baisse des taux de rendement des obligations souveraines, même si ces niveaux demeurent élevés comparativement à la période pré-Covid.
La représentante résidente du FMI en poste au Togo depuis août 2025 détaille que ces taux avaient atteint des sommets durant la pandémie. Leur baisse actuelle reflète les efforts de réforme entrepris par plusieurs pays africains.
De même, elle évoque la reprise des entrées de capitaux de portefeuille, notamment sous forme d’obligations émises par certaines grandes économies africaines sur le marché des euro-obligations, comme un autre signal encourageant.
En termes de recommandation, la représentante résidente du FMI au Togo a appelé à poursuivre et approfondir les réformes structurelles, condition essentielle pour renforcer la résilience des économies d’Afrique subsaharienne et faire face aux chocs futurs dans un environnement mondial de plus en plus incertain.
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