Le Togo confirme sa trajectoire ascendante sur l’échiquier économique africain en matière d’amélioration du climat des affaires. Dans le rapport B-READY 2025, publié le 29 décembre par la Banque mondiale, le pays se hisse à la 3ᵉ place en Afrique subsaharienne, derrière le Rwanda (67,94) et l’île Maurice (63,20). Le pays conserve sa 1ere position en Afrique de l’Ouest, avec un score global de 61,52. Une performance qui témoigne de la persistance de Lomé dans la mise en œuvre de réformes ambitieuses, malgré un contexte régional marqué par l’instabilité et les contraintes budgétaires.
- Des réformes qui portent leurs fruits
- Des défis persistants pour le climat des affaires
Lancé en 2024 pour remplacer l’ancien Doing Business, le rapport B-READY (Business Ready) évalue désormais 101 économies à travers le monde, contre 50 l’année précédente, dont 27 en Afrique subsaharienne. Plus rigoureux, plus transparent et plus intégré aux enjeux contemporains (numérique, inclusion, durabilité), ce nouvel outil mesure non seulement le cadre réglementaire, mais aussi la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle dans dix domaines clés du cycle de vie d’une entreprise.
Des réformes qui portent leurs fruits
Depuis 2017, sous l’impulsion directe du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le Togo a engagé une série de réformes structurelles coordonnées par la Cellule climat des affaires. Digitalisation des procédures, automatisation des guichets uniques, simplification des formalités fiscales, modernisation de la justice commerciale… Ces chantiers ont permis au pays de briller dans plusieurs indicateurs.
En effet, en matière de création d’entreprises, un dossier désormais traité en moins de 24 heures. Pour l’emplacement de l’entreprise, on note l’institution d’une géolocalisation numérique et autorisations en ligne. En ce qui concerne la fiscalité, un système intégré réduisant les délais de déclaration et de paiement est mis au point. Pour ce qui est de l’insolvabilité, le Togo dispose d’un cadre juridique renforcé pour la restructuration des entreprises en difficulté. Au sujet des services financiers, l’accès est facilité au crédit via des plateformes numériques et des garanties publiques. Enfin, le Règlement des litiges est assuré par des tribunaux spécialisés et un recours à la médiation obligatoire.
Mais c’est surtout dans les piliers transversaux que le Togo se distingue. Il occupe la 1ere place en Afrique subsaharienne pour le pilier « services publics », et la 1ere en Afrique de l’Ouest. Le pays occupe la 5ᵉ place sur le continent pour l’« efficacité opérationnelle », derrière le Rwanda, Maurice, l’Eswatini et le Botswana. Des résultats qui reflètent la modernisation accélérée de l’administration publique, avec des guichets en ligne, des bases de données interconnectées et une formation continue des agents.
Des défis persistants pour le climat des affaires
Malgré ces avancées, le rapport identifie des zones de tension. Le commerce international, la main d’œuvre qualifiée, la concurrence sur le marché et certains aspects des services publics restent des points faibles. Les délais aux frontières, la faible couverture en compétences techniques, la concentration de certains secteurs économiques et les disparités régionales dans l’accès aux infrastructures freinent encore la compétitivité globale.
Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Des réformes sont déjà en cours pour le déploiement du Guichet unique du commerce extérieur ; le renforcement de la formation professionnelle adaptée aux besoins des PME ; l’adoption d’une loi sur la concurrence pour assainir les marchés ; l’extension de la fibre optique et de l’énergie verte vers les zones industrielles émergentes.
« Nos réformes ne visent pas à plaire aux classements, mais à impacter la vie des entrepreneurs, des travailleurs et des citoyens », a souligné un responsable de la Cellule climat des affaires. Et cette philosophie porte ses fruits. Selon la Banque mondiale, le Togo fait partie des pays les plus réformateurs d’Afrique, avec une trajectoire continue depuis près d’une décennie.
Le gouvernement a tenu à remercier publiquement les partenaires techniques, en particulier le Groupe de la Banque mondiale, ainsi que tous les acteurs du secteur privé, « véritables moteurs de la transformation économique ».
Dans un monde où l’attractivité se joue désormais à la qualité des institutions, le Togo entend bien capitaliser sur ces acquis. Car comme le rappelle le rapport B-READY, un bon climat des affaires, c’est plus que des chiffres. C’est une promesse de croissance inclusive, de création d’emplois et d’avenir pour la jeunesse.
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