Les filières café et cacao traversent une période difficile depuis le début de l’année 2025. Les prix connaissent une baisse continue, mettant en difficulté producteurs, transformateurs et exportateurs. Face à cette situation préoccupante, Enselme Gouthon, secrétaire général du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC), a convoqué mercredi à Lomé une réunion de concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur.
La rencontre a permis d’identifier des solutions communes afin de faire face à la chute des prix et de faciliter l’écoulement des stocks accumulés. Aujourd’hui, les prix ont fortement reculé, passant progressivement de 5 000 francs CFA à environ 2 000 francs CFA. Une chute brutale qui laisse de nombreux acteurs avec des stocks importants invendus. Enselme Gouthon a indiqué que plus de 1 500 tonnes de café et cacao sont actuellement stockées, une quantité jugée significative pour un pays comme le Togo.
Pour lui le secrétaire général du CCFCC, le principal problème réside dans la faiblesse des pays producteurs face à la loi du marché, largement dictée par les pays consommateurs.
« La campagne 2024-2025 avait été marquée par une hausse des prix, mais une baisse de la production. Cette situation s’explique notamment par les effets du changement climatique, le vieillissement des plantations et la chute de la production dans les grands pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana. À cela s’ajoutent des facteurs externes qui ont créé une forte instabilité sur le marché international », a-t-il expliqué.
M. Gouthon pense que cette crise met en lumière le manque de concertation entre les différents maillons de la chaîne. Les producteurs, considérés comme les acteurs les plus vulnérables, sont les premiers touchés. Il appelle donc à une meilleure organisation et à une solidarité renforcée entre producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs.
« La solution ne viendra pas uniquement de l’État. Chaque acteur doit accepter de supporter une part des difficultés liées à cette conjoncture défavorable. La concertation engagée lors de cette réunion vise à définir une stratégie commune pour écouler les stocks, stabiliser progressivement les prix et limiter les pertes. Le miracle viendra de la base. C’est à nous, acteurs des filières café et cacao, de nous organiser et de défendre nos produits », a-t-il lancé.
Enselme Gouthon se dit toutefois optimiste. Il estime que les échanges ont permis une prise de conscience collective et une volonté partagée de sortir de la crise.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails
