Éperviers du Togo : Hubert Velud ou Olivier Guégan ?


La succession de Nibombé Daré ouvre un nouveau chapitre pour les Éperviers du Togo. Entre exigence immédiate de résultats et nécessité de reconstruire un projet crédible, deux profils français tiennent la corde : Hubert Velud et Olivier Guégan. Deux techniciens, deux trajectoires, mais surtout deux visions presque opposées du futur des Éperviers.

  • Velud, l’option de l’expérience immédiat pour les Éperviers du Togo
  • Guégan, le pari d’un nouveau cycle pour les Éperviers du Togo

La page Nibombé Daré tournée, le Togo se retrouve à un moment charnière de son histoire footballistique. La CAN est devenue un souvenir lointain, les éliminatoires du Mondial 2026 ratés et l’opinion publique est fatiguée des cycles avortés. Le prochain sélectionneur devra faire plus que gagner des matches. Il lui faudra redonner une identité de jeu, restaurer la confiance et mieux exploiter un vivier encore sous-utilisé, entre talents locaux et binationaux.

Dans ce contexte, deux noms émergent avec insistance : Hubert Velud et Olivier Guégan. Deux entraîneurs français, expérimentés, mais porteurs de projets sensiblement différents pour les Éperviers du Togo .

Velud, l’option de l’expérience immédiat pour les Éperviers du Togo

À 65 ans, Hubert Velud est sans doute le profil le plus rassurant sur le papier. Son CV africain parle pour lui. En club, il a remporté la Coupe de la CAF 2016 avec le TP Mazembe, ainsi que la Supercoupe d’Afrique, le championnat et la Supercoupe du Congo. En Algérie, il a été double champion avec l’ES Sétif (2013) et l’USMA Alger (2014), tout en étant élu meilleur entraîneur du championnat deux années de suite. Plus récemment, à l’AS FAR de Rabat, il a mené son équipe jusqu’aux quarts de finale de la Ligue des champions CAF, invaincu en phase de groupes, avant de quitter le club début 2025 alors qu’il pointait à la 3ᵉ place du championnat.

En sélection, Velud a déjà démontré sa capacité à gérer des contextes délicats. Avec le Burkina Faso (2022-2024), il a qualifié les Étalons pour la CAN 2024 et atteint les huitièmes de finale. Au Soudan, il a signé un exploit en qualifiant les Crocodiles du Nil pour la CAN 2021 et la Coupe arabe de la FIFA, après dix ans d’absence, dans un environnement politique extrêmement instable.

Surtout, Hubert Velud connaît déjà la maison togolaise. Entre 2009 et 2011, il avait conduit les Éperviers du Togo à la CAN 2010, une campagne tragiquement marquée par l’attentat de Cabinda, au cours duquel il fut lui-même blessé. Un passé lourd, chargé d’émotion, qui forge à la fois sa légitimité et ses limites.

Car si son retour offrirait une connaissance immédiate du terrain, des acteurs et des rouages de la FTF, il pourrait aussi symboliser un choix peu audacieux. Une solution tournée vers l’efficacité à court terme, mais sans garantie de refondation en profondeur.

Guégan, le pari d’un nouveau cycle pour les Éperviers du Togo

Face à lui, Olivier Guégan incarne une option plus moderne, presque disruptive. Âgé de 53 ans, l’ancien défenseur s’est forgé une réputation de bâtisseur méthodique dans le football français. De Reims à Grenoble, en passant par Valenciennes ou Sochaux, il a traversé toutes les strates du football professionnel.

Son fait d’armes le plus marquant reste la remontée du Stade de Reims en Ligue 1, suivie d’un maintien solide. Mais c’est surtout à Grenoble qu’il impressionne, avec deux montées consécutives, du National 2 à la Ligue 2 en seulement deux saisons. Guégan est aussi reconnu pour son œil de formateur avec plus de vingt joueurs lancés chez les pros, dont Lucas Chevalier, aujourd’hui gardien de l’équipe de France, ou Ismaël Doukouré.

Son lien avec le Togo est moins institutionnel mais bien réel, à travers l’accompagnement de joueurs d’origine togolaise comme Lilian Brassier, Marvin Senaya ou Eliezer Mayenda. Guégan proposerait même la création d’une Plateforme Performance, outil d’analyse moderne destiné à structurer la préparation physique, tactique et mentale des Éperviers.

Son projet repose sur la rigueur, l’organisation collective et l’exploitation stratégique du vivier binational. Une vision alignée avec les débats actuels sur la professionnalisation du sport togolais et la modernisation de ses structures.

Velud rassure par son vécu, Guégan séduit par son projet. L’un incarne la solution « clé en main », l’autre un pari sur l’avenir des Éperviers du Togo. Entre besoin urgent de résultats et reconstruction d’une identité durable, la Fédération togolaise de football se retrouve face à un choix structurant.

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