Première fintech togolaise agréée par la BCEAO, Ollo Africa S.A. annonce une augmentation de capital historique, portant ses fonds propres à 1 milliard de FCFA. Une opération stratégique qui confirme l’appétit des investisseurs pour la digitalisation des mécanismes d’épargne traditionnels en Afrique de l’Ouest.
Le 31 décembre 2025, Ollo Africa S.A. a officialisé une étape décisive de son développement. La fintech togolaise, éditrice de la plateforme Ohana Africa, spécialisée dans la digitalisation des tontines, annonce une augmentation de capital qui fait passer ses fonds propres de 68 millions à 1 milliard de FCFA. Une opération approuvée lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 12 décembre 2024 et marquée par l’entrée de business angels togolais et américains aux côtés des actionnaires fondateurs.
Cette recapitalisation consacre la montée en puissance d’un acteur encore jeune mais déjà bien installé dans l’écosystème financier togolais. Avec près de 5 000 comptes familiaux gérés sur sa plateforme, Ollo Africa s’impose comme un pionnier d’un segment longtemps resté en marge des stratégies bancaires classiques.
Digitaliser sans dénaturer
Créée autour d’une intuition simple – moderniser les tontines sans en trahir l’esprit –, Ollo Africa revendique une approche hybride, à la croisée de la finance informelle et de la technologie réglementée. Elle est la seule fintech de la sous-région agréée par la BCEAO à se concentrer exclusivement sur les mécanismes d’épargne collective traditionnels.
« Cette augmentation de capital représente un tournant pour Ollo Africa. Elle valide notre approche : digitaliser les tontines tout en préservant leur essence sociale », explique Mawuna Koutonin, directeur général du groupe. « Nos premiers utilisateurs nous confirment chaque jour que nous répondons à un besoin réel. L’arrivée d’un partenaire américain nous donne désormais les moyens de passer à l’échelle. »
Au cœur du dispositif, la plateforme Ohana Africa permet aux membres d’une tontine de gérer leurs contributions, de suivre les flux financiers et de sécuriser les transactions, tout en s’adaptant aux réalités culturelles et linguistiques locales.
Un marché sous-exploité mais massif
Le potentiel est considérable. Selon une étude de la Banque mondiale (2023), plus de 40 % des adultes en Afrique de l’Ouest participent régulièrement à des tontines ou groupes d’épargne informels. Des pratiques qui génèrent chaque année des centaines de milliards de FCFA de flux financiers, dans une région où le taux de bancarisation reste inférieur à 35 %.
Pour Sophia Boyer, business angel américaine entrée au capital, le pari est clair : « Ollo Africa a su créer un produit qui respecte les pratiques culturelles tout en apportant sécurité, transparence et traçabilité. L’agrément BCEAO et le partenariat avec Ecobank sont des avantages concurrentiels décisifs. »
Car au-delà de son innovation technologique, Ollo Africa s’appuie sur un partenariat stratégique avec Ecobank, facilitant l’intégration bancaire et la sécurisation des flux. Un atout majeur dans un environnement où la confiance reste le principal actif.
Une stratégie d’expansion progressive pour Ollo Africa
Les fonds levés seront prioritairement consacrés à une campagne d’acquisition de grande ampleur au Togo, au renforcement technologique de la plateforme, à la conclusion de partenariats avec des institutions de microfinance et des organisations communautaires, et au développement des équipes et des programmes d’éducation financière.
La démarche vise à toucher plusieurs centaines de milliers de familles africaines dans les deux prochaines années, avant une expansion progressive dans l’espace UEMOA.
« Nous construisons le pont entre la finance traditionnelle africaine et l’innovation technologique du XXIᵉ siècle », résume Toba Tanama, directeur marketing et partenariats qui ajoute : « Notre ambition est de devenir la plateforme de référence pour l’épargne collective digitale en Afrique francophone. »
Basée à Atakpamé (160 km de Lomé), Ollo Africa revendique un ancrage territorial fort. Une manière de rester au plus près des usages quotidiens de ses utilisateurs, majoritairement issus des secteurs informels et semi-formels.
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