
Imaginez transformer vos épluchures de légumes, vos restes de repas et vos déchets organiques en gaz pour cuisiner, et en électricité pour vous éclairer. Ce n’est pas une promesse lointaine.
C’est ce que fait déjà Biopower Africa Group, une start-up togolaise qui vient de mettre au point l’une des innovations énergétiques les plus prometteuses du continent : le Green Fire.
Le principe du biogaz n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est la façon dont Biopower Africa l’a repensé pour le rendre accessible à tous. Le Green Fire est un biodigesteur mobile : pas d’installation souterraine, pas de travaux, pas d’autorisation de propriétaire.
On le pose, on l’alimente en déchets organiques, et il produit du biogaz pour la cuisson propre et de l’électricité via un groupe électrogène spécialement conçu à cet effet.
« L’idée est de pouvoir servir les ménages pour qu’ils produisent du biogaz peu importe là où ils se trouvent », explique Akoua Gabriella Amouzou-Atchoe, chef des opérations. Et ce n’est pas tout : en fin de cycle, le ménage récupère du digestat, un engrais naturel de haute qualité, pour son jardin ou ses cultures. Zéro déchet. Zéro gaspillage.
Le contexte joue en faveur de cette innovation. Le gaz butane, omniprésent dans les foyers africains, est un combustible fossile dont les prix fluctuent au gré des crises mondiales, et dont les tensions au Moyen-Orient ont encore accentué la volatilité.
« C’est le temps pour nous d’anticiper en profitant de la biomasse que nous avons chez nous », affirme Mme Amouzou-Atchoe, avec une conviction qui ne doit rien au hasard.
Derrière cette phrase, il y a une idée plus large : l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour produire sa propre énergie, proprement, localement, durablement. La biomasse est partout. Les déchets organiques sont partout. Ce qui manquait, c’était l’outil pour les valoriser, simple, mobile, accessible.
