
Longtemps confiné aux abords de la zone portuaire de Lomé, le commerce de la casse-auto a désormais conquis toute la ville. Quartier après quartier, les ateliers de démontage se multiplient, témoignant d’un secteur en pleine effervescence qui répond à une demande croissante de pièces détachées accessibles.
Le concept est simple mais efficace : des véhicules hors d’usage, ou parfois encore fonctionnels mais trop onéreux à entretenir, sont rachetés, démontés méthodiquement, puis revendus pièce par pièce.
Les marques Toyota, Nissan et Mercedes dominent le marché. Les pièces les plus recherchées — moteurs, portières, phares et rétroviseurs, affichent des prix variables selon l’état et la rareté. À titre d’exemple, un rétroviseur de Toyota Corolla se négocie entre 8 000 et 15 000 Fcfa, tandis qu’un moteur de Toyota Yaris peut grimper jusqu’à 450 000 F.
Dans ce marché informel, la vigilance est de mise.
Les revendeurs exigent systématiquement des documents prouvant la propriété du véhicule afin d’éviter tout risque de recel. Les acheteurs, quant à eux, sont vivement conseillés de se faire accompagner d’un mécanicien de confiance et de tester chaque pièce sur place avant tout achat.
Pour les propriétaires de véhicules en fin de vie, la casse représente une véritable bouée de sauvetage économique : plutôt que d’immobiliser indéfiniment un engin inutilisable dans un garage, ils récupèrent au moins une petite partie de leur investissement initial.
Ombre au tableau cependant : les ateliers mal organisés ou non clôturés génèrent des encombrements sur la voie publique, valant à leurs gestionnaires de fréquents démêlés avec les services techniques municipaux.
