
Pendant que Lomé se pare de drapeaux et que les préparatifs du défilé battent leur plein, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) choisit, elle, l’absence.
Sans surprise mais avec conviction, le parti d’opposition annonce son boycott des festivités officielles marquant le 66ème anniversaire de l’indépendance du Togo, le 27 avril prochain.
Pour l’ANC, la question n’est pas protocolaire, elle est fondamentale. Soixante-six ans après l’accession du Togo à la souveraineté, le parti refuse de célébrer ce qu’il considère comme une indépendance de façade, vidée de sa substance.
« Nous à l’ANC, nous nous battons pour reconquérir cette vraie indépendance qu’on nous a volée », a déclaré dimanche Eric Dupuy, porte-parole du parti, lors d’une sortie médiatique. « Nous nous battrons jusqu’au bout pour réinstaurer l’Ablodé, telle que les pères fondateurs, nos grands-parents l’ont voulu et l’ont obtenue en 1958-60. »
Participer, c’est cautionner
Pour l’ANC, assister aux célébrations officielles ne serait pas un simple geste de civisme, ce serait un acte politique lourd de sens.
« La participation à ces festivités serait synonyme de l’acceptation d’un genre d’indépendance qui ne respecte pas le peuple togolais, qui ne respecte pas la liberté publique », a martelé M. Dupuy.
La vraie indépendance, selon le parti, se mesure à des critères concrets : une gouvernance transparente, la liberté d’expression garantie et la fin des emprisonnements politiques. Autant d’exigences que l’ANC estime loin d’être satisfaites.
