(Togo First) – Vingt pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre sont réunis depuis ce lundi 11 mai 2026 à Lomé pour trois jours de travaux sur la nutrition infantile et le développement de la petite enfance. La conférence, organisée par le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, vise à établir un diagnostic et à identifier des solutions de financement.
1 enfant sur 3 touché par la malnutrition
Les données présentées à l’ouverture illustrent l’ampleur du problème. En Afrique de l’Ouest et du Centre, près d’un enfant sur trois souffre d’un retard de croissance tandis que 65 millions de femmes sont atteintes d’anémie, selon les chiffres cités lors de la cérémonie.
Pour Tony Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, ces statistiques ont une traduction concrète :
Dans ce contexte, le Togo affiche des indicateurs en amélioration. Entre 2014 et 2017, le taux de retard de croissance est passé de 27,5 % à 23,8 %. Le taux d’allaitement maternel exclusif atteint 64,3 %, l’un des plus élevés de la sous-région, selon l’UNICEF.
L’expert a également rappelé qu’en 2024, le pays avait validé une stratégie nationale d’éducation préscolaire et pris un arrêté interministériel encadrant les crèches et garderies.
, a rappelé Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, à l’ouverture des travaux.
La ministre a ajouté :

L’argument économique
La conférence de Lomé pose également la nutrition comme variable économique. Selon les données de la Banque mondiale, chaque dollar investi dans des interventions intégrées de nutrition peut générer un retour allant jusqu’à 23 dollars.
a déclaré Tony Verheijen.
De son côté, le directeur régional adjoint de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, s’exprimant au nom de Gilles Fagninou (directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à l’UNICEF), a rappelé les résultats du Fonds Muskoka, actif dans six pays de la région et impliquant quatre agences onusiennes. Entre 2010 et 2024, ce programme a contribué à une hausse de 25 % de l’allaitement maternel exclusif, une baisse de 28 % des retards de croissance et une réduction de 74 % de la malnutrition aiguë sévère.
L’enjeu du troisième jour
Les travaux s’achèveront mercredi par un conclave ministériel consacré au financement domestique. , a interrogé Tony Verheijen.
L’UNICEF, dont le Plan stratégique 2026-2029 prévoit de concentrer les efforts sur les interventions prioritaires et leur passage à l’échelle, attend de la conférence des engagements mesurables. , a indiqué le représentant de l’organisation.
