
Des centaines de milliers Togolais célèbrent mercredi la Tabaski, connue en arabe sous le nom d’Aïd el-Kébir ou Aïd al-Adha. Une fête majeure de l’islam, chargée de sens spirituel, de mémoire et de solidarité.
L’Aïd el-Kébir commémore l’un des récits fondateurs des trois religions abrahamiques. Selon le Coran, Dieu demanda au prophète Ibrahim (Abraham) de lui sacrifier son fils Ismaïl, épreuve suprême de sa soumission et de sa foi.
Au moment où Ibrahim s’apprêtait à obéir, Dieu intervint et lui substitua un bélier, récompensant ainsi sa dévotion totale. C’est cet acte de sacrifice et d’abandon à la volonté divine que chaque musulman commémore en ce jour.
Le sacrifice d’un animal, le mouton, est le rite central de la fête.
La viande est partagée en trois parts égales : un tiers pour la famille, un tiers pour les proches et voisins, un tiers pour les plus démunis. Un geste profondément social qui incarne les valeurs de générosité et de solidarité au cœur de l’islam.
La Tabaski coïncide avec l’achèvement du Hajj, le grand pèlerinage à La Mecque, cinquième pilier de l’islam, obligatoire pour tout musulman qui en a les moyens au moins une fois dans sa vie. C’est précisément le 10 du mois de Dhoul Hijja, dernier jour des grands rites du pèlerinage, que l’Aïd est célébrée.
À Mina, près de La Mecque, les pèlerins accomplissent leur propre sacrifice en même temps que les millions de fidèles restés dans leurs pays.
Cette simultanéité mondiale crée un sentiment unique d’unité et de communion spirituelle, une oumma, communauté des croyants, qui bat au même rythme à la même heure, des rives du Togo aux plaines d’Arabie.
Cette année, plus de 1,5 million de pèlerins – dont 2.425 Togolais – ont convergé vers les Lieux Saints malgré les turbulences géopolitiques régionales, témoignage éloquent de la force de la foi sur les aléas du monde.
Au Togo, pays de coexistence interreligieuse exemplaire, la Tabaski est bien plus qu’une célébration religieuse, c’est un moment de fraternité nationale. La prière du matin rassemble les fidèles sur les places publiques et dans les mosquées. Les familles se retrouvent, les habits neufs sont de mise, et les odeurs de viande grillée envahissent les quartiers.
Cette année, la fête intervient dans un contexte de forte hausse des prix des moutons, parfois triplés par rapport à l’année dernière, en raison des restrictions d’exportation imposées par les pays sahéliens fournisseurs.
Mais comme le souligne la tradition : quelle que soit la conjoncture, la Tabaski aura toujours lieu.
