Alors que s’achève son mandat à la tête du Conseil des ministres de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (AFRISTAT), le Togo a dressé, mardi 13 janvier à Lomé, un bilan mesuré mais encourageant de ses deux années de leadership. Lors d’une audience avec le directeur général de l’institution, Paul-Henri Nguema Meye, la ministre, secrétaire générale de la présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, a mis en lumière les avancées réalisées entre 2024 et 2025.
Créé en 1993 pour renforcer les systèmes statistiques des États africains, AFRISTAT regroupe aujourd’hui 22 pays et joue un rôle stratégique dans la production de données économiques, sociales et environnementales fiables. Une condition sine qua non pour l’élaboration de politiques publiques pertinentes. Pourtant, ces dernières années, l’institution a dû composer avec un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires croissantes, une mobilisation aléatoire des contributions des États membres et une dépendance persistante vis-à-vis des partenaires techniques et financiers internationaux.
Malgré ces défis, la présidence togolaise a permis à AFRISTAT d’atteindre un taux global d’exécution de 70% de ses activités. Un résultat salué comme « satisfaisant » par les observateurs.
Nouveau cap pour AFRISTAT
Parmi les réalisations majeures figure la reconstitution du fonds de fonctionnement de l’Observatoire, arrivé à échéance en 2025. Cette opération, essentielle, garantit désormais la continuité opérationnelle de l’institution à court terme. Par ailleurs, une vision stratégique à long terme (2026–2035) a été adoptée sous l’impulsion du Togo, définissant clairement les priorités futures. L’organisation mise désormais sur la modernisation des systèmes nationaux de statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, l’intégration des dimensions environnementales et numériques, ainsi qu’un meilleur suivi des Objectifs de développement durable.
Le rebasage des comptes nationaux, exercice complexe mais indispensable pour refléter l’évolution structurelle des économies africaines, a également été encouragé. De même que la formation intensive des cadres nationaux, souvent en première ligne dans la collecte et l’analyse des données.
Alors que la Guinée équatoriale s’apprête à prendre le relais, le Togo entend jouer un rôle d’accompagnateur privilégié durant la phase de transition.
Dans un continent où les politiques publiques sont trop souvent élaborées à l’aveugle, faute de données actualisées ou comparables, AFRISTAT incarne une démarche de la transparence chiffrée, de la rigueur méthodologique et de la planification fondée sur des réalités mesurables. Sous la houlette du Togo, cette mission a gagné en ancrage institutionnel, sans bruit médiatique, mais avec constance.
