(Togo First) – Au Togo, les prix à la consommation sont restés quasi stables en février 2026. Sur les douze derniers mois, le taux d’inflation moyen n’a atteint que 0,1%, selon l’Institut National de la Statistique (INSEED), un niveau très bas, loin du seuil de 3% que l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) fixe comme limite à ne pas dépasser pour ses huit pays membres.
Concrètement, cela signifie que les prix ont très peu bougé sur une longue période : en moyenne, ce que les ménages togolais achetaient 100 francs CFA il y a un an leur coûte à peine plus aujourd’hui. Par rapport à février 2025 précisément, la hausse ressort à 0,4%. Et sur le seul mois de février, les prix ont progressé de 0,7% par rapport à janvier 2026, sous l’effet surtout de la flambée saisonnière des légumes frais comme la tomate fraîche.
Les céréales tirent les prix alimentaires vers le bas
Ce qui a le plus pesé dans le sens de la stabilité, c’est la baisse des prix alimentaires. Sur un an, les produits alimentaires ont reculé de 0,9% et les céréales de 17,8%, une chute spectaculaire qui s’explique par une bonne campagne agricole ayant mis davantage de maïs sur les marchés. Pour les ménages, qui consacrent près de 28% de leurs dépenses à l’alimentation, c’est un soulagement réel.
L’électricité et le gaz restent chers
Du côté des hausses, c’est l’énergie qui tire les prix vers le haut. Le poste « logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » a augmenté de 6,3% sur un an. L’électricité, le gaz et les autres combustibles ont même progressé de 13% sur la période, une pression significative sur le budget des ménages, en particulier les plus modestes. La santé a également renchéri de 1,6% sur un an, de même que les restaurants et services d’hébergement, en hausse de 1,0%. Ces deux postes, qui représentent respectivement 5,7% et 16,5% du panier de consommation des ménages, ont donc contribué, dans une moindre mesure, à soutenir les prix.
Les carburants à la pompe, eux, n’ont pas bougé : l’essence est restée à 680 francs CFA le litre et le gasoil à 695 francs CFA partout sur le territoire. Une situation qui pourrait toutefois évoluer dans les prochaines semaines, alors que la guerre au Moyen-Orient maintient les cours du brut autour de 100 dollars le baril.
Tomates, piments, poissons fumés : les marchés sous tension en février
Sur le mois de février uniquement, certains produits de base ont connu des envolées de prix. À Lomé, la tomate ronde locale a bondi de 56% en un mois, la tomate importée de près de 90%, et le piment vert de plus de 30%. Ces hausses sont saisonnières : elles surviennent chaque année à cette période, quand les stocks de la récolte précédente s’épuisent avant que la nouvelle production n’arrive sur les marchés.
Plusieurs poissons fumés ont aussi renchéri : la sardinelle fumée a pris 10% et le chinchard fumé 6,1% en un mois. Hors ces produits saisonniers et hors énergie, les prix sont restés parfaitement stables en février, signe qu’il n’y a pas de tensions généralisées sur les marchés.
Le Togo, bon élève de la zone UEMOA
À l’échelle régionale, selon les dernières données disponibles portant sur janvier 2026, le Togo se distingue par sa stabilité. La Côte d’Ivoire affiche une inflation annuelle de 1,4%, le Bénin de 0,9%, le Sénégal de 0,4%. À l’opposé, le Niger est en déflation, c’est-à-dire que les prix y baissent de 10,2% sur un an, un retournement brutal après une période de forte tension sur les prix. En moyenne, l’ensemble de la zone UEMOA enregistre une légère baisse des prix de 0,5% sur un an.
Pour produire ces chiffres chaque mois, l’INSEED suit l’évolution des prix de 810 produits dans près de 4 800 points de vente répartis sur tout le territoire togolais.
Fiacre E. Kakpo
