Que pensent les Togolais de l’Influence économique et politique de la Russie ?





1 influence

 

Une perception positive, mais contrastée

Dans le détail, avec 49 % des répondants sondés par Afrobaromètre qui estiment que l’influence économique et politique de la Russie est ou positive, le Togo se situe au cinquième rang en termes de perception positive de la puissance eurasienne, parmi les 38 pays couverts par l’enquête, à égalité avec le Tchad, le Congo-Brazzaville et la Guinée.
Il reste cependant loin derrière le Mali, où la perception positive de la Russie atteint 88 %, et le Cameroun où cette perception est à 60 %, deux pays où la présence russe, notamment via des partenariats sécuritaires, est plus affirmée.

À l’inverse, des pays d’Afrique australe comme le Botswana 13 %, l’Eswatini 14 % et le Lesotho 14 % enregistrent les taux les plus bas du continent.
Globalement, la moyenne continentale s’établit à 36 %, ce qui fait du Togo un pays au-dessus de la norme africaine, en ligne avec d’autres États francophones sahéliens et centrafricains.
Par ailleurs, 9 % des Togolais affichent une opinion neutre, ni positive ni négative, 27 % n’ont pas d’avis ou ont refusé de répondre, et 16 % jugent l’influence russe négative.

1 acteur

 

La Russie, dernière des grandes puissances dans l’opinion africaine

Une nuance s’impose pour le Togo. Même si la perception togolaise de la Russie dépasse la moyenne continentale, celle-ci reste structurellement en retrait par rapport aux autres acteurs extérieurs.
Ainsi, à l’échelle des 38 pays, la Chine arrive en tête avec 62 % d’opinions positives, suivie des organisations régionales 56 %, de l’Union africaine 55 %, des États-Unis 52 % et de l’Union européenne 50 %. La Russie, avec 36 % de moyenne, ferme ce classement, juste derrière l’Inde 39 % et l’ancienne puissance coloniale, la France, 41 %.
Ce positionnement relatif est commun à la plupart des pays africains. À cet égard, si l’influence russe bénéficie d’une certaine adhésion, notamment au Togo, elle ne parvient pas à rivaliser avec les perceptions associées aux partenaires économiques traditionnels ou aux institutions multilatérales.

La guerre en Ukraine : une connaissance partielle au Togo

Sur la question de la guerre russo-ukrainienne, seulement 54 % des Togolais interrogés déclarent en avoir entendu parler. Ce taux est l’un des plus bas du panel, plaçant le Togo dans l’avant-dernier quart du classement continental, à égalité avec le Tchad.
En comparaison, la moyenne africaine s’établit à 70 %. Des pays insulaires ou à plus forte connectivité informationnelle comme le Cabo Verde 98 %, les Seychelles 94 % ou São Tomé-et-Príncipe 91 % se distinguent par une exposition plus élevée au conflit.
Dans la sous-région ouest-africaine, le Ghana 72 % et le Sénégal 71 % sont mieux informés que le Togo, tandis que le Bénin 49 % et le Nigéria 49 % affichent des niveaux comparables.

Les Togolais préconisent la neutralité sur le Conflit Russie-Ukraine

Par ailleurs, parmi les Togolais ayant connaissance du conflit, 75 % estiment que leur gouvernement devrait rester neutre. Ce chiffre est légèrement supérieur à la moyenne continentale de 72 %. La position pro-russe ne recueille que 16 % des avis. S’agissant du soutien à l’Ukraine, il reste marginal, à 3 % des opinions recueillies.

1 soutien

Cette tendance à la neutralité est partagée par la quasi-totalité des pays africains sondés.
Le Mali fait figure d’exception, où 72 % des répondants se prononcent en faveur de la Russie, sur fond de rapprochement politique et sécuritaire de Bamako avec Moscou. En contraste, la neutralité dépasse également 75 % au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Ghana.