(Togo First) – L’AMRAT organise le 16 avril à Lomé son premier grand forum, réunissant banques, assureurs et régulateurs autour des risques émergents. Un rendez-vous qui tombe à pic, alors que le Conseil national du crédit vient de tirer la sonnette d’alarme sur la montée des créances en souffrance.
Le secteur financier togolais se dote d’un nouvel espace de réflexion. Le 16 avril prochain, banquiers, assureurs et experts en gestion des risques se retrouveront à Lomé pour les premiers Risk & Resilience Days, un rendez-vous inédit, porté par une association créée récemment.
L’AMRAT, l’Association pour le Management des Risques et des Assurances du Togo, n’existe officiellement que depuis décembre 2025. Pour son premier grand événement, elle réunit les principaux acteurs du secteur financier togolais.
La question au cœur des débats est celle que posent les institutions financières africaines depuis plusieurs années, sans toujours y apporter de réponse structurée : comment gérer des risques dont la nature et la vitesse d’apparition ont radicalement changé ? Risques climatiques, cybermenaces, instabilité géopolitique, transformation numérique accélérée : le catalogue des vulnérabilités s’est considérablement élargi, tandis que les outils de gestion peinent souvent à suivre. C’est précisément ce dont les participants viendront débattre le 16 avril.
La réponse que propose l’AMRAT est d’abord institutionnelle : créer un espace permanent de dialogue entre praticiens, décideurs et experts, sur le modèle d’associations sœurs déjà actives au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Sénégal ou à Madagascar. Le forum du 16 avril constitue, en ce sens, autant un acte fondateur pour l’association qu’une plateforme technique pour le secteur.
, estime Khalid Yacoubou Boukari, président de l’AMRAT, certifié en management stratégique bancaire par HEC Paris et en gestion des risques par la BCEAO-COFEB.
Les chiffres lui donnent raison. Réuni le 23 mars dernier, le Conseil national du crédit vient de sonner l’alarme : taux de créances douteuses à 8,1 % dans les banques et à 9,3 % dans les institutions de microfinance, bien au-dessus de la norme de 3 %. Dans la microfinance spécifiquement, les crédits en souffrance ont bondi de 49,2 % en trois ans. Le ministre Barcola a exigé un renforcement immédiat de la gestion du risque et du recouvrement.

Selon ses organisateurs, l’événement bénéficie du soutien de l’APBEF, le groupement des banques togolaises, du Comité des Assureurs du Togo, de l’AGET et du Patronat. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) en est le parrain officiel. Co-organisatrice, la société FinConnect Financial Solutions apporte son expertise en transformation digitale des institutions financières du continent.
L’AMRAT ne se pense pas comme une structure purement nationale. Elle est d’ores et déjà affiliée à la Fédération Africaine des Associations de Gestion des Risques et à l’IFRIMA, la fédération internationale du secteur.
