
La députée de l’opposition Brigitte Adjamagbo-Johnson a voté vendredi contre la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes, et persiste ce dimanche dans sa contestation.
Une position qui, à y regarder de près, semble davantage motivée par un réflexe d’opposition
L’élue dénonce les effets de l’état d’urgence sur les populations : difficultés d’approvisionnement en carburant, ralentissement des activités agricoles, exode des jeunes vers les mines d’or étrangères, et établissements scolaires qui se vident. Des réalités à vérifier, mais qui occultent commodément l’essentiel : la menace terroriste aux frontières reste bien réelle.
Critiquer les effets collatéraux d’une mesure de sécurité sans proposer d’alternative crédible, c’est précisément là où le bât blesse. Mme Adjamagbo-Johnson reconnaît elle-même ne pas avoir été convaincue par le gouvernement, mais elle ne propose aucune solution alternative pour protéger les populations exposées aux attaques djihadistes.
La députée se dit néanmoins prête à accompagner toute initiative visant à évaluer la situation sur le terrain. Une ouverture tardive, qui aurait été plus crédible si elle avait précédé son vote contre la prorogation.
Face à une menace terroriste documentée, voter contre la protection des populations demande plus que des arguments sur le prix du carburant.
